Un documentaire interdit en Algérie, LE MONDE, 23 juin 2007

Un documentaire interdit en Algérie, LE MONDE, 23 juin 2007


e 13 juin 2007, à l'office Ryadh El-Feth, à Alger, plus de deux cents personnes ont attendu pour voir en avant-première Ne reste dans l'oued que ses galets, dernier film documentaire de Jean-Pierre Lledo. En vain. Invoquant le "non-respect du contrat", le ministère de la culture a interdit la projection du film, qui a pourtant bénéficié d'une petite subvention publique.


A Constantine et à Oran, où la projection était également prévue, le réalisateur a essuyé le même interdit. Officiellement, c'est le refus du réalisateur de remettre une copie de son film qui motive cet interdit. "Nous demandons à voir ce film dont nous avons payé 50 % des subventions", a déclaré Mme Khalida Toumi, ministre de la culture.

L'interdiction de la projection du film n'est pas une "censure", mais une "annulation", a précisé Aït Oumeziane, responsable du département cinéma de la manifestation. Un cinéaste, responsable de la commission de lecture des scénarios, a trouvé le titre du film "équivoque" et a reproché au réalisateur de ne pas avoir donné "les finalités philosophiques et le contenu exact du film".

Le titre est emprunté à une expression populaire signifiant que seul ce qui est vrai demeure en ce bas monde. C'est une "censure qui ne dit pas son nom" de la part d'un "commissariat politique qui veille sur la morale officielle", a écrit un journal oranais.

Car c'est bien le contenu du film qui semble en cause. "Rien dans le contrat ne m'oblige à livrer une copie avant la projection publique", explique Jean-Pierre Lledo, rencontré jeudi 21 juin 2007 lors de la projection dans un cinéclub d'Algérie, mes fantômes, film de 2003. Dans ce documentaire, le cinéaste interrogeait déjà, à partir de témoignages recueillis en France, l'identité et l'histoire algéro-française, chargée de tabous et d'"absences".

Dans Ne reste dans l'oued que ses galets, les absents sont les juifs et les chrétiens, évoqués à travers le témoignage de quatre personnes. Un thème tabou. Ainsi, des journaux algériens présentent Jean-Pierre Lledo comme un "Français d'origine algérienne" au lieu d'un "Algérien d'origine hispanique et juive". "Mon film évoque la coexistence entre des communautés qui ne sont plus là", dit le cinéaste. L'exigence d'une copie a suivi la publication d'un article dans un journal arabophone affirmant que le film "dédouanait" les exactions de l'armée française.
Amir Akef
Article paru dans l'édition du 23.06.07.
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# Posté le dimanche 24 juin 2007 11:26

Modifié le lundi 09 juillet 2007 14:27

Y a-t-il une affaire Lledo ? El Watan, 21 juin 07

Y a-t-il une affaire Lledo ? El Watan, 21 juin 07
Des Galets dans la Bobine

Une avant-première qui a débouché sur un mauvais scénario où les spectateurs tiennent finalement des rôles de figurants.

Notre production cinématographique est si pauvre que l'on se demande si elle a besoin encore de tristes péripéties comme celles qui entourent le dernier film de Jean Pierre Lledo, Ne restent dans l'oued que ses galets, titre tiré du fameux proverbe algérien et largement utilisé dans les discours politiques depuis l'indépendance. D'un autre côté, on peut supposer qu'elle est justement pauvre parce qu'elle connaît de tels faits, qui font passer la création et la culture en arrière-plan quand ils ne les effacent pas tout simplement. Dans la conférence de presse qu'il a donnée lundi dernier, Aït Oumeziane, chef du département cinéma et audiovisuel de la manifestation « Alger, capitale de la culture arabe », a précisé qu'il ne s'agissait pas d'une « censure » mais d'une « annulation de la projection », décision qu'il motive pour des raisons de non-respect par le réalisateur de ses engagements contractuels. Où s'achèverait l'annulation et où commencerait la censure ? C'est dans la délimitation objective de ces notions que pourrait se comprendre la polémique qu'il faut bien considérer comme une affaire publique, maintenant que la première responsable du secteur, Mme Khalida Toumi, ministre de la Culture, s'est prononcée, entre autres sujets, au cours de l'émission Fi El Wadjiha de la chaîne I de la Radio nationale, diffusée également le lundi. Elle y a confirmé que le réalisateur n'aurait pas remis au ministère une copie de son film comme le précisait le contrat de financement et a ajouté que la version du film qui devait être projetée n'était pas conforme aux engagements, la durée ayant été portée à trois heures au lieu des 52 minutes prévues. « Nous demandons à voir ce film dont nous avons payé 50% des subventions », a-t-elle affirmé. Nous avons examiné avec M. Aït Oumeziane le contrat dont il nous a remis une copie et qui prouve, selon lui, que le producteur est dans son tort. Le document daté du 22 novembre 2006, comprend 15 articles et a été signé par Abdelhakim Taoussar, directeur général de l'ONDA (Office national des droits d'auteur et des droits voisins), agissant pour le compte du ministère de la Culture et le producteur, Serge Lledo, gérant de la société Naouel Films, ayant son siège à Alger, celui-ci étant par ailleurs le fils du réalisateur et la société portant symboliquement le nom de sa fille. L'entête de la convention indique que la société est dûment immatriculée au registre du commerce et dispose d'une carte fiscale. Le document comporte également le visa du chef de département cinéma et audiovisuel, Aït Oumeziane, ce qui signifie que juridiquement, il dispose d'un statut technique ou opérationnel, spécifié dans différents articles du document qui précise le rôle de sa structure : élaboration de la fiche technique du film (n° 38 en l'occurrence), participation à la fixation du montant de la subvention, établissement d'un certificat de service à transmettre à l'ONDA pour libération de chaque versement, etc. Le casting de ce contrat étant globalement établi, qu'en est-il de son scénario et notamment des griefs présentés les uns à l'encontre des autres ? S'agissant de la remise d'une copie du film, le document dispose dans le troisième alinéa de son article 5 (engagements du producteur) qu'il est tenu de « remettre une copie du film au Centre national du cinéma et de l'audiovisuel (CNCA) sur support Betacam et VHS ». Cette obligation contractuelle est renforcée par les dispositions de l'article 8 portant sur les modalités de versement de la subvention. Il y est précisé que ce versement s'effectuera en deux tranches libérées selon les proportions suivantes : 50% au début du tournage et les 50% restants « à la fin du montage et remise de la copie finale et sur la base de la constatation qui en sera faite par le département Cinéma et Audiovisuel et communiquée à l'ONDA ».


Distinguos ou quiproquos


Il ressort donc clairement, et sans qu'aucun doute ne soit possible, que le producteur — et donc conjointement le réalisateur — est tenu de remettre une copie du film à l'organisme désigné par la convention. Il convient de signaler que les formats Betamax et VHS exigés sont des formats de copie facilement réalisables et au coût réduit. Ils n'entraînent donc aucune contrainte financière lourde pour le producteur comme nous l'avions supposé avant la lecture du contrat. Nous avons rencontré Jean Pierre Lledo pour entendre son point de vue. Il a tenu au préalable à préciser les aspects suivants : « Dans tous les pays du monde, quand un organisme finance un film, la relation est donnant-donnant et il réclame une copie du film. Dans mon cas, je n'ai pas affaire à un financement en coproduction mais à une subvention publique. Il faut bien distinguer qu'il existe dans le cinéma deux types de financement : la coproduction et la subvention. Dans le cas de la coproduction, l'obligation de remise de copie préalable est indispensable. Ceux qui participent à un financement par le mode de la subvention demandent toujours une copie, mais ils le font pour garder une trace ou un souvenir et non pour des raisons juridiques ou autres. La participation du ministère au budget de mon film ne représente qu'un vingtième du montant total qui est de 600 000 euros ? J'ai obtenu le soutien de plusieurs organismes et entreprises et, si mon film avait été projeté, on aurait pu voir dans le générique leur liste. Sonatrach, qui m'a accordé son soutien par exemple, a demandé une cassette aussi dans cet esprit. » Le réalisateur précise, en outre, que le montant du budget correspond aux coûts de production, le film Il ne restent dans l'oued que les galets n'étant pas un court métrage documentaire à usage télévisuel mais une production destinée aux grands écrans (ce qui n'exclut pas des diffusions télé) et mobilisant de ce fait des moyens techniques et des équipes plus fournies, moins le chapitre casting bien entendu. Lledo établit le parallèle avec l'un de ses précédents films, Un rêve algérien, qui avait connu une petite carrière dans les salles de cinéma, notamment en France. Il souligne également la durée du tournage (8 mois) et celle du film, trois heures. Affirmant que le contrat est conforme aux normes mondiales, le réalisateur se prononce sur la question de la remise de la copie : « Elle n'est nulle part mentionnée dans le contrat dans les termes qu'on a voulu m'imposer. La clause spécifiée ne fait pas obligation de remettre une cassette avant la projection publique du film. Je suis légaliste et respectueux de la loi et des contrats. J'ai été reçu ce matin même à l'ONDA et j'ai confirmé auprès d'eux mon interprétation. » Le contrat ne mentionne pas en effet de projection publique, ni d'ailleurs privée, et ne porte que sur les modalités de production, de réalisation et de versement des tranches. Seul l'article 9, relatif à l'exécution du projet, précise que « le producteur s'engage à prendre toutes les dispositions nécessaires pour exécuter ses obligations jusqu'à la réalisation finale du projet de production audiovisuelle ». De production, donc pas de diffusion. De plus, aucune échéance n'est attachée à l'engagement de remise d'une copie, ce qui conforte le point de vue du réalisateur. Il est certain qu'un contrat doit être le plus précis possible et prémunir les deux parties de toute interprétation univoque, mais il convient de considérer qu'un contrat ne peut tout prévoir dans les menus détails, et qu'il doit être considéré autant du point de vue de la lettre que de l'esprit ou, du moins, permettre que l'esprit relaye la lettre quand celle-ci s'avère imprécise ou qu'une situation imprévue ou imprévisible se présente. Ces remarques n'empêchent pas de déceler quelques insuffisances dans la rédaction du contrat, comme par exemple l'absence de clauses de force majeure (décès, catastrophe naturelle et tous incidents hors la volonté des parties au contrat). Mais pour le point d'achoppement que constitue la remise d'un copie, si le ministère a eu tort de ne pas préciser les conditions et délais de la remise, il peut invoquer l'esprit de l'accord passé mais également de points précis sur lesquels M. Aït Oumeziane a insisté. D'une part, l'entête du contrat est libellé sous le sceau de l'évènement « Alger, capitale de la culture arabe ». D'autre part, l'article 2 intitulé Cadre juridique de passation de la présente convention, précise que la subvention s'inscrit « dans le cadre de la réglementation relative à la manifestation » précitée, citant même le décret exécutif instituant l'évènement, la décision de création de comités en charge et l'arrêté ministériel relatif au fonds de la manifestation. En signant la convention, et donc aussi cet article, le producteur prend en compte les objectifs de la manifestation, lesquels sont évidemment orientés vers la diffusion des productions. Par ailleurs, l'article 8 précité précise que la deuxième tranche est libérée « à la fin du montage et remise de la copie finale », introduisant ainsi une certaine corrélation entre les deux faits. Une lecture stricto-sensu Lledo ne l'entend pas bien sûr de cette oreille et se cantonne dans une lecture à la lettre ou stricto sensu du document. Il reste que comme dans tous les secteurs d'activité, industries ou arts, il existe des usages dont, au cinéma, celui de remettre une copie à ceux qui ont participé financièrement à la production, à quelque titre que ce soit (coproduction ou subvention). Les conventions d'acteurs ou de techniciens, par exemple, ne mentionnent pas toujours qu'une copie leur est remise, mais cela se fait par tacite accord et tradition et aucun réalisateur ne s'aviserait de l'outrepasser. Autre point de désaccord : le respect du format (3 heures au lieu de 52 minutes tel que précisé dans le contrat qui dispose ,en outre, que l'article 5 où le producteur s'engage à « produire l'½uvre dans les format et technique pour lesquels la subvention a été consentie ». J.P. Lledo explique ainsi le fait : « Vu le volume du projet et ses charges, j'avais demandé une subvention de 10 millions de dinars prévue pour les longs métrages mais comme ils ont mis le film dans la catégorie court métrage documentaire, ils me l'ont refusée et j'ai obtenu les 3 millions que l'on donne à ce type de production. J'ai introduit par la suite une demande de dérogation pour obtenir 7 millions complémentaires mais on ne m'a pas répondu, à ce jour. J'ai demandé aussi une aide à la finition pour transférer le support numérique en pellicule 35 mm, on appelle ça le kinéscopage. Mais on me l'a refusé aussi. J'ai dû me débrouiller seul pour compléter le financement. »
Du ciné-télescopage

Lledo ajoute : « Je n'ai jamais parlé de censure mais j'ai dit que les séances de projection avaient été annulées. Ces actes équivalent pourtant à des actes de censure. Le matin du 13, j'ai adressé une lettre à la ministre pour l'alerter et lui demander d'intervenir. Quand j'avais réalisé Un Rêve algérien, elle-même m'avait félicité et m'avait affirmé qu'elle avait été émue. » Cette lettre nous a été remise par le réalisateur. Elle y comporte les mots suivants notamment : « Quelques heures avant la projection, permettez-moi de vous demander d'éviter le pire. » Celui-ci a eu lieu avec la déception des personnes venues voir le film et obligées de rentrer chez elles. Et, de ce point de vue, il y a eu de la part des organisateurs, quelle que soit la validité de leurs motifs, un manquement. Mais le pire serait ailleurs. L'équipe de M. Aït Oumeziane nous a montré les invitations, environ 500, qui avaient été préparées pour la projection. Or, après le refus de Lledo de remettre une copie, celui-ci a tiré ses propres invitations. « Ils me les ont montrées, affirme le réalisateur. Vous les avez vues. Elles sont hideuses. Je me suis dit, laissons-les faire les leurs et je ferai les miennes. D'autre part, même les leurs, je suis passé plusieurs fois récupérer mon quota et on trouvait des prétextes à chaque fois pour ne pas le remettre. Je n'allais pas les attendre. Cela fait 3 ans que je travaille sur ce film. » Nous avons demandé à Lledo de nous parler de l'exergue mise en haut de ses invitations : « Quatre personnages reviennent sur leur enfance et sur les traces de leurs voisins juifs et chrétiens. » Celle-ci a été mal comprise ou perçue par plusieurs personnes invitées. Pourquoi la référence aux religions et, dans ce cas, pourquoi l'absence de la religion musulmane ? « Le film, affirme Lledo, est fait par un cinéaste algérien qui a suivi quatre personnages algériens et musulmans qui vivent en Algérie et qui évoquent leurs anciens voisins. C'est un film sur l'Autre et notamment sur l'Absent car s'il existe des individus, ces deux communautés ne sont plus présentes. Aït Oumeziane m'a montré un fax où mon invitation était reproduite. Je lui ai expliqué comme je le fais là. Et je ne suis pas à mon premier film. Les gens connaissent mon parcours et mes positions pour l'indépendance de l'Algérie ou n'importe quel sujet. Je n'ai jamais rien caché. Mais, pour moi, il y a là atteinte à la liberté d'expression. » L'engagement de Lledo est effectivement connu, mais la rédaction précitée était néanmoins ambiguë. Selon lui, ce serait l'article d'une collaboratrice de notre confrère El Khabar du 6 juin qui aurait entraîné cette affaire en introduisant une interprétation tendancieuse du film. Lledo avait réagi en demandant une mise au point sur les 6 ou 7 lignes incriminées. El Khabar (9 juin) a fait mieux en lui consacrant à nouveau un article dont Lledo se dit satisfait. Au final, faute de kinéscopage, on se retrouve en plein ciné-télescopage... Lledo s'en tient à une sorte de juridisme pointilliste dans la compréhension du contrat. De l'autre côté, on exige la remise de la copie selon la convention. Il serait regrettable que les deux parties campent dans une logique d'affrontement. M. Aït Oumeziane s'en défend et assure que Lledo a été toujours bien accueilli et traité comme les autres cinéastes. Il fait remarquer que des films plus audacieux peut-être ont été financés, les copies remises et les projections effectuées. Il ajoute même que Lledo a été encouragé, ce qu'a confirmé celui-ci en nous montrant une lettre de la ministre de la Culture, au début du projet, dans laquelle elle lui annonce le soutien de son secteur et demande aux entreprises et organismes d'apporter éventuellement leur concours au film. De plus, pourquoi le ministère aurait-il validé le scénario et le projet pour le censurer àç sa sortie ? Aujourd'hui, où va-t-on ? La menace de réclamer la restitution de l'avance a été brandie en vertu de l'article 13 (le bon chiffre !) portant résiliation du contrat. Sur les sites Internet de cinéma, la « censure » du film apparaît après la naissance du troisième bébé de Julia Roberts ! Et, au bout du compte, tout le monde s'agite autour d'un film que personne n'a vu, ni ceux qui ont contribué à son financement ni surtout les cinéphiles algériens et ce, dans un pays où un film de sorti ressemble à un verre d'eau fraîche pour un naufragé du désert. De tous les articles cités, seul le quinzième nous importe aujourd'hui : « Les deux parties conviennent de régler tout litige à l'amiable. A défaut... » Le défaut serait justement que l'amiable, que des commerçants hargneux arrivent à mettre en ½uvre, ne puisse pas avoir cours dans le monde de la culture. Tout le monde y gagnerait, les spectateurs pour commencer et il ne resterait dans l'oued que du cinéma.

Ameziane Ferhani

Edition du 21 juin 2007

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# Posté le jeudi 21 juin 2007 09:23

Modifié le lundi 09 juillet 2007 14:29

NE RESTENT DANS L'OUED QUE SES GALETS, présentation de JP LLEDO

Après 3 années de travail - écriture, repérages, une année de tournage et près d'une année de montage – je tenais par dessus tout à ce que mon dernier film, « Ne restent dans l'Oued que ses galets » sorte prioritairement en Algérie, en avant-première mondiale.

Après « Un Rêve Algérien » (2003) et « Algéries, mes fantômes » (2004), ce nouveau film – sans aucune préméditation - clôt pour moi une sorte de trilogie d'exil, qui a pour unité temporelle l'Histoire coloniale algéro-française, pour approche la fraternité et pour sujet principal la mémoire et l'identité.

Ces 3 films essaient tous de répondre à la même question de l'Echec d'une Algérie qui en devenant indépendante n'a pas pu, (su ?) rester multiethnique et multiculturelle, puisqu'en 1962 la quasi-totalité de la population d'origine juive et chrétienne quitte précipitamment son pays.

Avec les 4 personnages principaux, mes alter ego, nous tentons d'affronter la tâche qui attend les représentants de toutes les communautés du monde qui se sont fait la guerre, et notamment « les intellectuels » : revenir sur l'histoire de nos pères, sans animosité mais aussi sans ½illère...
L'existence même de ce film prouve que notre génération commence à sortir de la vision raciale ou/et religieuse des rapports entre les gens...

Au moment où dans mon pays et ailleurs, on s'autorise à tuer sans état d'âme, j'aimerais surtout que « Ne restent dans l'Oued que ses galets » soit un appel à la non-violence, un appel à inventer de nouvelles manières de « changer le monde», une nouvelle éthique, une nouvelle pensée, dont le principe premier serait l'inviolabilité de la personne humaine, y compris celle de l'adversaire.

J'espère aussi que ce film aide les jeunes générations à mieux penser leurs avenirs métissés, qu'il concernera tous ceux qui dans le monde sont les héritiers d'histoires violentes, lesquels confrontés aux mêmes traumatismes, questions, silences, ont le même besoin vital de vérité.





Jean-Pierre Lledo

Alger Juin 2007

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# Posté le mardi 19 juin 2007 16:50

Modifié le lundi 09 juillet 2007 14:30

Nous allons demander à M. Lledo de rembourser la somme versée

Nous allons demander à M. Lledo de rembourser la somme versée
Conférence de presse de K. Aït Oumeziane, chef de département cinéma et audiovisuel :

MOumeziane a donné le premier bilan du premier trimestre des longs et courts métrages réalisés dans le cadre d'«Alger, capitale de la culture arabe 2007». «Il y a eu déjà 8 sur 26 longs métrages achevés, ainsi que 12 sur 39 documentaires.

Je suis pour l'instant content de ce bilan», a-t-il affirmé. Il a surtout axé son intervention sur l'interdiction de projection, le 13 juin, du film Ne reste dans l'oued que ses galets, de Jean-Pierre Lledo. D'ailleurs, la ministre de la Culture, M. Khalida Toumi, a déclaré dans un entretien à la radio nationale que cette annulation a été décidée suite au «non-respect du contrat».

Selon elle, M. Lledo devait fournir une copie de son film tel que «stipulé dans le contrat». Elle a ajouté aussi que «le film devait durer 52 minutes et non pas 3 heures». Pour appuyer les déclarations de la ministre, M. Oumeziane a assuré que la même convention est signée par tous les réalisateurs qui bénéficient d'un soutien financier dans le cadre de cette manifestation.

Il a affirmé aussi que «le fait d'interdire la projection ne signifie pas censurer le film, mais l'annuler». Pour avoir plus de crédibilité, il nous a distribués des copies de cette convention. Dans l'article cinq, il est mentionné que le producteur «s'engage à remettre une copie au Centre national du cinéma et de l'audiovisuel (CNCA) sur support Betacam et VHS».

«Etant donné que M. Lledo a déclaré ne jamais donner une copie de son documentaire, nous allons nous conformer a l'article 13 dans lequel il est clairement écrit que si le réalisateur ne respecte pas la présente convention, nous serons dans l'obligation de demander obligatoirement le remboursement des sommes versées en cas de manquement aux obligations contractuelles.

D'autant plus que nous lui avons donné 50 % de la somme», a-t-il déclaré. Enfin, M. Lamine Merbah, responsable de la commission lecture, était présent. Il a été ahuri de voir le titre de ce film. «Nous avons pourtant indiqué que le titre prête à équivoque, et qu'il demande plus de précision.

C'est pour cela que nous avons demandé sa modification. Outre le titre, nous avons aussi demandé les noms des intervenants dans le documentaire ainsi que les finalités philosophiques et le contenu exact du film.
par Kahina Hammoudi, LE JEUNE INDEPENDANT
Édition du mardi 19 juin 2007
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# Posté le mardi 19 juin 2007 07:16

Modifié le lundi 09 juillet 2007 14:35

Ne restent dans l'oued que ses galets, SYNOPSIS du FILM

Ne restent dans l'oued que ses galets...



un long-métrage
de
Jean-Pierre Lledo




Synopsis


43 ans après l'exode massif des Juifs et des Pieds-noirs,
consécutif à l'avènement de l'indépendance de l'Algérie en 1962,
que reste-t-il de cette cohabitation dans la mémoire
des Algériens d'origine berbéro-arabo-musulmane ?

Quatre personnages en quête d'une vérité sur leur propre vie,
reviennent sur leur enfance durant les années de guerre
qui furent aussi les dernières décennies
de la colonisation française...

En retournant vers leurs origines, d'est en ouest, de Skikda à Oran,
du début à la fin de la guerre d'indépendance,
ils reconstituent un portrait inédit de l'Absent...

Méfiance, peur et malheur,
les relations intercommunautaires n'ont-elles pas été aussi
attraction, respect, reconnaissance et souvenirs heureux ?

Malgré les discriminations et les dégâts du colonialisme,
un nouveau corps fait d'emprunts mutuels
n'avait-il pas commencé à se constituer,
à l'insu même de ses différentes composantes ?

Entre haines et fraternités,
avec nos quatre personnages nous refaisons le cheminement universel
de la tragédie, lorsqu'aux protagonistes, le dénouement semble s'imposer.


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# Posté le lundi 18 juin 2007 18:58

Modifié le lundi 09 juillet 2007 14:35