3 Projections privées du film de JP LLEDO, El Watan, 3 juillet 07

3 Projections privées du film de JP LLEDO, El Watan, 3 juillet 07

Edition du 3 juillet 2007 > Culture

Documentaire de Lledo
Projections privées
Le réalisateur Jean Pierre Lledo a fini par recourir à des projections privées pour montrer son film documentaire intitulé Ne reste dans l'oued que ses galets.

Trois séances organisées vendredi et samedi, réunissant lors de chaque projection une quarantaine de personnes, ont permis à un public d'invités de découvrir le documentaire qui a déjà fait couler beaucoup d'encre avant que son contenu ne soit connu. Le film d'une durée de trois heures revient avec des témoignages d'Algériens vivant actuellement en Algérie sur des périodes douloureuses de la lutte de Libération nationale en s'attaquant à un tabou jusque-là inviolé : la guerre d'Algérie n'a pas fait des victimes uniquement du côté des colonisés. De nombreux civils d'origine européenne dont des femmes, des enfants et des vieillards sont tombés soit lors d'attentats à la bombe perpétrés dans des lieux publics, soit lors de massacres à grande échelle, comme ce fut le cas lors des événements du 20 août 1955 dans la région de Skikda ou en juillet 1962 dans certains quartiers de la ville d'Oran. Et, fait encore plus regrettable, certains parmi ces derniers vivaient en bonne intelligence avec les musulmans, voire ont soit protégé des musulmans, soit aidé d'une manière ou d'une autre la révolution. Une autre partie du film aborde, mais sans le percer, le mystère de l'assassinat du chanteur constantinois d'origine juive Raymond Leyris qui a été tué d'une balle dans la tête à Constantine en 1961. J. P. Lledo est le premier réalisateur algérien à oser aborder des sujets qui fâchent parce qu'ils évoquent des aspects de la révolution qui sont occultés depuis l'indépendance. Le film, notamment concernant les événements de Skikda d'août 55 et d'Oran le 5 juillet 1962, n'hésite pas à parler, à travers les témoignages, de l'implication des responsables locaux (Zighoud Youcef pour le cas de Skikda) dans le terrible sort fait à la population d'origine européenne. Avant le début de la projection, J. P. Lledo a pris la parole pour faire un rappel du conflit qui l'oppose depuis près de trois semaines aux responsables de la manifestation culturelle Alger, capitale de la culture arabe représentant le ministère dirigé par Mme Khalida Toumi. La projection de samedi a été suivie d'un débat durant lequel le documentaire a été soumis à des critiques parfois assez sévères qui ont porté aussi bien sur le contenu que sur la manière avec laquelle a été mené le film. Ce que l'on peut retenir notamment des réactions de ceux qui ont vu le film, c'est que les autorités n'avaient pas à se substituer au public en recourant à la détestable pratique de la censure.

A. Ancer
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# Posté le lundi 09 juillet 2007 16:34

Sur les traces de l'absent, Info Soir, 2-3 juillet 07

Sur les traces de l’absent, Info Soir, 2-3 juillet 07
Arts et Culture Edition du 2/7/2007


«Ne restent dans l'oued que ses galets»
Sur les traces de l'absent
Par Yacine Idjer




Histoire n Une projection privée du long-métrage de Jean-Pierre Lledo a eu lieu, vendredi, à la maison d'édition Lambda, à Hydra.

Le film, un documentaire long de trois heures, s'ouvre d'emblée sur l'indépendance de l'Algérie. C'est aussi le départ précipité, l'exode massif des pied-noirs. Plus de quarante ans après, le réalisateur, Jean-Pierre Lledo, cherche à comprendre les raisons de cette rupture – une tragédie historique.
«Le film traite de la mémoire», a dit le réalisateur, avant de préciser : «je ne suis pas historien.» Et d'ajouter : «la question de la mémoire m'intéresse», car elle permet de dépister les vérités et, du coup, de comprendre, selon lui, les réalités du présent.
Le réalisateur met en scène trois personnages. Aziz, Katiba et Hamid reviennent sur leur passé. Ils évoquent avec nostalgie les lieux de leur enfance. Ils racontent leurs rapports de bon voisinage avec l'autre, le pied-noir, chrétien ou juif, d'origine française ou espagnole.
Ces trois personnages, à Skikda, à Alger ou à Constantine, vont d'une rencontre à l'autre, d'un témoignage à l'autre. Des personnes rencontrées évoquent les «bons rapports avec les pieds-noirs», et nombreux sont ceux qui, parmi eux, ont soutenu la cause algérienne. Ils se disaient Algériens.
Il se trouve, toutefois, que ces Français, chrétiens ou juifs, eux aussi Algériens, sont absents de la mémoire collective algérienne. D'où la question : pourquoi ?
Quant au quatrième personnage, Kheïredine, un jeune Oranais, il va, lui, à la rencontre de l'ancienne génération, de ces hommes et de ces femmes qui ont vécu en bon voisinage avec les pieds-noirs. Tous disent qu'il existait, malgré le conflit armé, une entente entre musulmans, chrétiens et juifs, entre algériens et européens (espagnols).
«On vivait bien ensemble, on était heureux», dit un témoin. «On a pleuré leur départ», dit un autre. Mais tous s'accordent à dire que «l'OAS a rompu les liens entre algériens et pieds-noirs. «Cela revient à dire que si la France n'avait pas joué l'ultime carte, celle de l'OAS, les pieds-noirs seraient restés en Algérie et seraient devenus algériens», ont-ils dit. L'histoire aurait alors pris une autre tournure et il y aurait eu moins de déchirements. Les témoignages recueillis, çà et là, font état d'une cohabitation entre les trois communautés. Ce n'était certes pas une cohésion sociale, mais une coexistence humaine.
En dépit des inégalités sociales, chacune des communautés a pu transcender les préjugés ethniques, les différences religieuses et les clivages culturels.
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# Posté le lundi 09 juillet 2007 16:23

INTERDIT DE DIFFUSION, LLEDO LE PROJETTE QUAND MÊME, L'Expression, 2 juillet 07

INTERDIT DE DIFFUSION, LLEDO LE PROJETTE QUAND MÊME, L'Expression, 2 juillet 07
INTERDIT DE DIFFUSION, LLEDO LE PROJETTE QUAND MÊME



Et la polémique est lancée...

Malgré le mauvais sort qui lui est jeté, le film Ne restent dans l'oued que ses galets a été finalement projeté en cercle fermé, samedi dernier, à Alger.

En présence de Mohamed Harbi et quelques privilégiés curieux, le film qui fait près de 3 heures, a soulevé autant de questions qu'il a suscité un vif débat au sein du public. Quoi penser? L'auteur de ce film, entamé en 2005, dit d'emblée ne pas avoir voulu recourir aux images d'archives qui peuvent prêter à manipulation. Or, ces dernières n'apparaissent qu'au début. Il s'agit des Français, juifs ou pieds-noirs que Lledo pose, d'emblée, comme des victimes. La caméra suit quatre personnages algériens sur la trace de la «vraie vérité». Mais ce qui compte pour Lledo est non pas l'histoire avec un grand H, mais les histoires...personnelles. Les vérifier, dit-il, par souci de mémoire. Ne restent dans l'oued que ses galets étant la dernière partie qui clôt une sorte de trilogie d'exil, qui a pour unité temporelle, l'Histoire coloniale algéro-française, pour approche, la fraternité et pour sujet principal, la mémoire et l'identité. Jean-Pierre Lledo suit ses quatre alter ego, en quête de leur enfance ou jeunesse durant les années de guerre qui furent aussi les dernières décennies de la colonisation française...Aziz Mouats, à Skikda, se demande pourquoi 23 membres de sa famille furent tués à l'époque, où son oncle, chef d'un groupe, veillait sur les colons voisins...Il est aussi décrit, dans ce portrait, la manière sauvage dont on assassinait les Français, femmes et enfants.
Cela rappelle un peu les actes barbares du terrorisme...Fille de Bab El Oued, Katiba Hocine anime une émission radiophonique sur l'histoire coloniale de l'Algérie et revient sur les lieux de son enfance. Elle est mal accueillie, et confondue avec une gaouria. L'ex-directeur de l'Oref, Hamid Bouhrour, retourne avec son petit-fils à Constantine et soulève la polémique autour de l'assassinat de cheikh Raymond.
Enfin, à Oran, le jeune metteur en scène qui s'apprêtait à adapter Les justes d'Albert Camus, Kheïreddine Lardjam, n'a qu'une idée en tête: confirmer les dires de sa cousine, selon lesquelles au moment des liesses du 5 juillet 1962, à Oran, on a tué des centaines de Français pour se venger.
Des vérités que d'aucuns savent mais que tout le monde nie car n'ayant rien vu ni entendu. Tchtitchi, de son nom de jeune premier de l'époque, est aujourd'hui un vieux sur une chaise roulante. Il se remémore ses souvenirs et pleure le bon vieux temps où il allait danser et chanter avec ses copains espagnols...«a-t-on le droit de tuer n'importe qui, au faciès, c'est la problématique de mon film qui porte essentiellement sur l'autre». Idéaliste et par-dessus tout humaniste, Lledo, cela justifie-t-il le fait de harceler une Louisa Ighil-Ahriz pour savoir pourquoi tuait-on des civils innocents, devant une katiba confuse? Louisa, n'est-elle pas non plus une victime innocente de cette bêtise humaine qu'on appelle «la guerre»? Lledo part du constat qu'il y eut échec de la logique coloniale qui a visé le fossé, selon lui. Aussi, lors du débat, s'agissant des nationalistes, Lledo qualifie leur acte d'ethnocide.
«Le personnage principal est mon alter ego, impliqué personnellement dans l'Histoire évoquée, et donc sachant écouter d'une oreille active, non complaisante, comme un homme qui cherche à comprendre plus qu'à juger, et dont la démarche est plus une quête qu'une enquête...», explique dans le dossier de presse, Lledo. Je considère que l'Algérie s'est fait déposséder d'une richesse extraordinaire: le mélange des origines et des civilisations...et je vis cela comme un drame personnel. La colonisation n'était certes pas la forme idéale pour que s'effectue ce mélange, mais l'idéal n'est pas une catégorie de l'Histoire réelle.
De tout temps et presque partout, le mélange s'est fait par la guerre, la conquête, les migrations de la pauvreté et du désespoir. Les 4 couples du film, d'une certaine manière, transforment l'échec de l'Histoire, en son contraire. Ils démontreront, en tout cas, que l'Histoire aurait pu se faire autrement. Et de renchérir: «J'aimerais que le film fonctionne comme une tragédie shakespearienne. Plus on se rapproche les uns des autres et plus le sang coule et plus le sang coule, plus on se rapproche...»
Cependant, au-delà des idéaux pacifistes incontestés de l'intellectuel Lledo qui «rêve» de paix, de mélange et de fraternité, reste le sentiment de gêne, de culpabilité et d'ambiguïté qui plane sur ce film en étant aussi palpable que le sang sous-entendu.
Et comme toute vérité n'est pas bonne à dire, selon le vieil adage, et d'autant plus vrai pour les «officiels», il ne serait pas étonnant que Ne restent dans l'oued que ses galets soit, effectivement, cette fois, censuré. Or, toutes les guerres sont sales par essence! D'où la volonté du réalisateur d'inscrire ce film dans l'universel et sortir de la dimension algéro-algérienne, ou algéro-française...Mais 43 ans après l'indépendance, sommes-nous prêts réellement à tout entendre? La réponse serait-elle seulement dans le camp de «Alger, capitale de la culture arabe?». Et l'avis des autres Algériens alors? *
L' Expression
O. Hind



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# Posté le lundi 09 juillet 2007 16:17

Modifié le mardi 10 juillet 2007 07:54

«Mon film n'a pas été fait dans la clandestinité», Info Soir, 16-17 juin 07

INFO SOIR, Arts et Culture Edition du 16/6/2007


Jean-Pierre Lledo
«Mon film n'a pas été fait dans la clandestinité»
Par Yacine Idjer




Œuvre n Le réalisateur est soucieux de débusquer les vérités et notamment d'appréhender l'Histoire et l'interroger pour répondre aux questions du présent et de penser à l'avenir.

Jean-Pierre Lledo revient, après Un rêve algérien et Algérie, mes fantômes, avec un nouveau documentaire, Ne restent dans l'oued que ses galets, clôturant ainsi une trilogie cinématographique consacrée à l'Algérie, à son histoire et à son identité.
Le film, qui devait passer en avant-première mercredi dernier à la salle Ibn Zeydoun (Riad-el-Feth), et ce, dans le cadre de «Alger, capitale de la culture arabe», a été, rappelons-le, annulé, à la dernière minute, par les responsables de la manifestation, notamment le département chargé de soutenir les projets audiovisuels et cinématographiques.
Interrogé par InfoSoir sur les raisons de cette mesure, Jean-Pierre Lledo s'est dit étonné que son film soit annulé par ceux qui, au préalable, avaient accepté le scénario et donné leur accord en le soutenant financièrement.
«Le contrat stipule d'une part que le film doit être projeté dans le cadre de la manifestation «Alger, capitale de la culture arabe» et d'autre part que je remette à la commission une copie, mais à aucun moment il ne spécifie que le film soit visionné par le même organisme avant l'avant-première. J'ai donc refusé parce que cela signifie de la censure. J'ai refusé en expliquant aux responsables que le contrat ne mentionne nullement pareille mesure. Ils m'ont répondu qu'il s'agit d'une clause qui venait d'être ajoutée au contrat. Il se trouve que cette mesure ne concerne aucun autre réalisateur. C'est une mesure d'exception faite pour moi.»
Jean-Pierre Lledo a regretté, par ailleurs, que la projection de son film soit aussi annulée à Constantine et à Oran. «La projection de mon film à Oran et à Constantine qui, elle, ne s'inscrit pas dans le cadre de «Alger, capitale de la culture arabe» a été également annulé», a-t-il indiqué, déplorant que tout cela ait été fait par téléphone et sans qu'il y ait d'explications.
Et de préciser : «Mon film a reçu l'aval des instances concernées, il a reçu toutes les autorisations de tournage, il n'a pas été fait dans la clandestinité.»
Pour en savoir plus, nous avons voulu approcher les responsables du département en question, mais aucun d'eux ne répondait. Quant au contenu du film – qui n'a du reste rien de subversif – il explore, tout comme les précédents du même réalisateur, la mémoire de l'Algérie en invoquant son histoire et en s'y appuyant particulièrement.
«Mon film est une exploration des rapports multiethniques et multiculturels (musulmans, chrétiens et juifs) dans l'Algérie coloniale», a expliqué le réalisateur, avant d'ajouter que lorsque ces liens qui mettent l'Algérie et la France en situation commune et de réciprocité sont évoqués, ils le sont toujours dans un contexte conflictuel. L'Algérie et la France sont héritières d'une histoire commune, mais violente. Et cette mémoire partagée est évoquée uniquement dans ce sens.» Ainsi, Jean-Pierre Lledo cherche dans son film à penser autrement cette relation exceptionnelle entre les différentes communautés – une cohabitation qui a su se faire – loin et en dehors des tensions politiques, des rivalités sociales ou encore des antagonismes culturels ou religieux.
Les trois documentaires du réalisateur, ancrés dans la recherche historique, questionnent le présent, interpellent le passé et aussi se préoccupent de l'avenir.
Ils tentent de répondre à la même question : l'échec d'une Algérie qui, au lendemain de l'indépendance, et notamment avec l'exode massif des pieds-noirs, n'a pas pu, n'a pas su ou bien n'a pas voulu rester multiethnique et multiculturelle. Ils s'interrogent : que reste-t-il de cette cohabitation entre les différentes communautés dans la mémoire des Algériens d'origine berbéro-arabo-musulmane ?


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# Posté le lundi 09 juillet 2007 15:55

Des ACTES de CENSURE ! La Tribune, 16 juin 07


Polémique autour de l'annulation de la projection du documentaire Ne restent dans l'oued que ses galets

Jean-Pierre Lledo dénonce des actes de censure, la commission parle de non-respect de contrat

Samedi 16 Juin 2007

Par Sihem Bounabi

Mercredi soir, une grande foule était présente devant la salle Ibn Zeydoun pour l'avant-première du film documentaire de Jean-Pierre Lledo, intitulé Ne restent dans l'oued que ses galets, entrant dans le cadre de la manifestation Alger, capitale de la culture arabe 2007.
A la surprise générale, la projection est annulée. Jean-Pierre Lledo confie sur place : «La projection a été annulée sur ordre de Karim Aït Oumeziane, directeur du Centre national du cinéma et responsable de la commission cinéma pour Alger, capitale de la culture arabe 2007. Cette décision m'a été communiquée par Mouloud Ouardane, coordinateur de la manifestation.»
Mouloud Ouardane, déclare à propos de cette décision : «La projection du film a été reportée suite au non-respect du contrat stipulant la remise d'une copie du documentaire à la commission de lecture et de visionnage. Le documentaire entre dans le cadre des projets d'Alger, capitale de la culture arabe 2007, il bénéficie à ce titre d'une subvention de l'Etat algérien par un contrat qui impose des droits et des devoirs.» Le responsable insiste sur le fait que «le projet n'est ni censuré ni annulé, il est seulement reporté en attendant que la commission visionne la copie».
De son côté, Karim Aït Oumeziane, responsable de la commission cinéma déclare : «La projection du film a été reportée pour non-respect de la clause du contrat stipulant qu'une copie devait être remise à la commission de lecture, pour voir si le documentaire était conforme au synopsis approuvé par la commission de lecture. Dans le contrat signé avec Nawel film qui a produit le documentaire, il était stipulé qu'un documentaire de 52mn devait être remis à la commission avant la date butoir du 31mai.» Il poursuit en soulignant qu'«après avoir envoyé un écrit au concerné lui demandant la remise de ladite copie, nous avons prolongé cette date et approuvé la réservation de la salle Ibn Zeydoun, sous réserve qu'une copie soit remise à la commission. Comme cela n'a pas été respecté la projection a été annulée 72 heures avant la date annoncée sur seule initiative de Jean-Pierre Lledo», refusant de parler de censure ou d'interdiction, Karim Aït Oumeziane, s'exclame : «On ne peut censurer ce que l'on n'a pas visionné.»
Suite aux déclarations des deux responsables, Jean-Pierre Lledo rétorque en niant l'existence de cette clause. Il affirme à ce sujet : «Les deux clauses par lesquels je suis soumis par contrat sont : premièrement, d'offrir une avant-première à Alger. Et deuxièmement de percevoir le restant du montant de la subvention lors de la remise de la cassette».
Il ajoute que la décision d'inclure dans le contrat, l'obligation de remettre une copie a la commission de visionnage est une décision unilatérale qui a été prise il y a seulement deux mois alors que le contrat est signé depuis six mois. «On ne m'a pas contacté pour avoir mon avis, pour savoir si j'ai accepté cette nouvelle clause ou bien si j'ai refusé.» Par ailleurs, il insiste sur le fait : «En tant que créateur, je ne cautionne pas la censure. Je me suis toujours opposé à ce genre de commission, car pour moi ce sont des commissions de censure. Le devoir de la commission de cinéma de cette manifestation consiste seulement a assurer l'aide à la production et à la diffusion des œuvres réalisées.»
Par ailleurs, Jean-Pierre Lledo nous informe de l'annulation de deux autres projections prévues jeudi à Constantine en partenariat avec une association culturelle et hier à la cinémathèque d'Oran. Il s'insurge à ce sujet, en expliquant : «Je ne comprends pas comment les projections pour lesquelles nous avons obtenu des autorisations soient tout simplement annulées sur injonction. Mais le plus grave, c'est le fait que la projection prévue à la cinémathèque d'Oran soit annulée, alors qu'il est universellement admis que les cinémathèques ont toujours été des lieux de franchise.»
Pour conclure, le réalisateur explique qu'il ne veut pas croire pour le moment que son film soit censuré mais qu'il s'agit d'actes de censure. Il confie, à ce propos : «Mon film est un voyage dans la mémoire, qui donne la parole à quatre anonymes qui parle de leur enfance durant la guerre d'indépendance algérienne. A travers ces actes, il y a des gens qui refusent de donner la parole à de simples citoyens, afin qu'ils apportent librement leur témoignage sur l'histoire sur grand écran».
Se trouvant encore hier à Oran, Jean-Pierre Lledo explique que dès son retour à Alger, il remettra une copie à la commission pour percevoir le chèque du reste de la subvention. Ensuite, il déposera la copie de 35 mm pour un visa d'exploitation. «Si on ne me donne pas le visa, on pourra dire alors que mon film est censuré et qu'il ne s'agit pas seulement de dérapages de la commission de censure»
souligne le réalisateur.
Il informe également que le jeudi 21 juin, Algéries, mes fantômes, le troisième volet de la trilogie de ses documentaires, sera projeté à la filmothèque Zinet dans le cadre des activités du ciné-club de l'association Chrysalide.

Sihem Bounabi

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# Posté le lundi 09 juillet 2007 15:47