Jean-Pierre Lledo répond à Mohamed Benchicou

Je n'ai pas l'habitude de répondre aux critiques de cinéma, considérant que la critique est leur fonction. En vous demandant de faire paraître ma réponse, je n'y fais pas exception, puisque ce journaliste n'est pas critique de cinéma, et que son point de vue ressemble plus à un réquisitoire qu'à une réflexion esthétique.
Qu'un intellectuel qui après deux années de prison pour ses opinions s'alarme du fait que j'aie pris «des libertés révoltantes » avec l'Histoire, et puisse même associer cet épithète à ce substantif, en dit long sur l'état d'esprit de son auteur, qui vivant à Paris n'a même pas l'excuse de vivre l'atmosphère de terrorisme intellectuel dont de nombreux journalistes se font les champions, surtout dans une certaine presse arabophone, en comparaison de laquelle rétroactivement la presse du parti unique serait la tolérance même ! Six mois après avoir vu mon film lors d'une projection privée à Paris, où étaient présents de très nombreux intellectuels algériens, tous très élogieux, Benchicou au lieu de se comporter en journaliste qu'il prétend toujours être, et d'informer ses lecteurs, se fend d'un pamphlet qu'en d'autres temps auraient pu signer Torquemada et Jdanov... Benchicou me fait d'abord partager la responsabilité de détourner le véritable débat autour du contenu du film vers une «querelle procédurière». Ce faisant, destinataire de tous mes communiqués réguliers, et connaissant parfaitement mon blog (lledo2007.skyrock.com), il fait preuve d'une grande malhonnêteté, car précisément je n'ai cessé d'appeler l'opinion publique nationale à ne pas accepter «une censure qui n'ose pas dire son nom». Loin de vouloir dissimuler le contenu de mon film, comme il m'en accuse, je disais justement dans ma conférence de presse du 3 juillet 2007, à Alger : «Le film, au travers de ces quatre histoires, pose aussi certes pour la première fois dans le cinéma algérien les questions suivantes : pourquoi le 20 aôut 1955, l'ALN a-t-elle désigné le «gaouri» comme l'ennemi à abattre ? Pourquoi durant la Bataille d'Alger, le «gaouri» a été visé en tant que tel, au faciès, par des bombes, au lieu par exemple des institutions militaires ? Pourquoi à Constantine, le maître juif de musique andalouse Raymond, assassiné le 22 juin 1961, n'est pas représenté sur un mur du centre-ville, aux côtés des cinq autres maîtres musulmans du malouf, dont certains furent ses amis ? Pourquoi le 5 juillet 1962 à Oran, à Oran uniquement dans toute l'Algérie, dans presque tous les quartiers d'Oran, et au même moment, du matin au soir, a-t-on massacré les «gaouri » au faciès ? Beaucoup d'Algériens se sont déjà posé ces questions (le Congrès de la Soummam en 1956 avait critiqué les exactions contre les civils) et continuent de se les poser. En les posant à mon tour, par le biais du cinéma, je ne considère pas porter du tort à mon pays. Au contraire. Vider les poches de pus que portent en elles toutes les sociétés du monde a toujours été une ½uvre de salubrité publique. L'Algérie, comme d'autres pays, a eu ses histoires sombres. Pas plus que les cinéastes français ne ternissent l'image de la France, lorsqu'ils évoquent la torture durant la guerre en Algérie, ou les autres côtés sombres de l'histoire de leur pays, je ne considère avoir terni l'image du mien. Laisser aux autres le soin d'évoquer nos ombres, c'est cela qui affaiblit notre pays. Je ne considère pas que le devoir des intellectuels de tous les pays soit de sacraliser ou de glorifier ses chefs, ou de renforcer les mythes. Ceux qui le font ne rendent service qu'aux chefs, non à leur peuple.» Mais en admettant que la mémoire de Benchicou ait été atteinte par les épreuves qu'il a subies, on aurait donc pu imaginer que justement pour s'opposer à une censure qu'il dit réprouver, le journaliste tente l'exercice difficile de rendre compte du contenu et de la forme du film. Mais en lieu et place, et tout en sachant que les nationaux n'ont pu avoir son privilège de le voir, il préfère se livrer à celui plus simple du procureur. Un procureur dont le réquisitoire est d'autant plus totalitaire qu'il sait les éléments du dossier dans le secret ! Décidément, le procès inique qui a coûté 2 ans de sa vie à Benchicou n'aura pas été sans conséquences. Le reste est du même niveau : aussi affligeant. D'un côté Benchicou admet que l'on puisse «déconstruire » l'Histoire, laissant entendre comme l'ont dit depuis une éternité les vrais historiens, qu'il n'y a pas de Vérité en histoire pas plus que dans n'importe quelle autre branche des sciences. Mais tout aussitôt, il ajoute que cette opération «doit obéir (sic) à l'exactitude». Obéir ! A l'exactitude ! Mais qui incarne Déesse Exactitude ? Benchicou ? Les anciens moujahidine (je parle des vrais) ? Leur organisation ? La ministre de la Culture ? Le Président ? Ce faisant, Benchicou laisse croire aux lecteurs que mon film est un film d'historien, construit pour démontrer une thèse. Or la forme de ce film comme d' Un Rêve algérien, comme de mes précédents, en est diamétralement opposée ! Mes documentaires n'ont rien à voir avec l'objectivité (prétendue) des archivistes. Ils se réclament au contraire ouvertement d'une esthétique subjective et romanesque où l'auteur met ses pas dans ceux de ses personnages principaux (ici berbéro-arabomusulmans, résidant tous en Algérie) et ne sort de sa réserve d'auteur qu'à deux moments d'un film qui dure 2h40 ! Je ne dis jamais qu' «indigènes et pieds-noirs vivaient en excellent voisinage », comme me le prête notre désinformateur, car le film n'a aucune prétention généralisante. Il montre des individus singuliers qui témoignent de leur vie sans se demander au préalable si leur mémoire est conforme à l'histoire officielle ! Contrairement à Benchicou, pour moi, «les pieds-noirs» sont aussi différenciés que «les Arabes», que «les Allemands», que «les Américains», etc. Il ne viendrait aujourd'hui à personne l'idée de dire par exemple que «les Algériens» sont des tueurs, parce que des dizaines de milliers d'entre eux le sont devenus ! Que Benchicou me permette de lui retourner la question : dans quelle Algérie a-t-il vécu, lui qui est de ma génération, pour n'avoir jamais été témoin de relations de bon voisinage entre Juifs, musulmans, chrétiens et athées ?! Ou alors doit-il son aveuglement à quelques préjugés racistes, dont l'ex-directeur du Matin laissa éclabousser son quotidien lorsqu'un responsable de l'Etat algérien y fut stigmatisé pour ses origines juives ? Il est vrai qu'il dut s'en repentir... devant les seuls à lui avoir demandé des comptes — non, ni ses lecteurs, ni le gouvernement algérien, ni l'opinion publique algérienne — je veux parler des rédacteurs du quotidien français Le Monde... Enfin, je ne terminerai pas sans m'interroger sur la fiabilité du scoop dont Benchicou nous fait la confidence : «Les autorités algériennes ont déjà décidé de ne pas diffuser ce long-métrage. » Assez ahuri de lire récemment sous sa propre plume — Les Geôles d'Alger— que son intrépidité et son verbe haut, il les tenait en fait des assurances d'un officier des services de sécurité de la DRS (qu'on appelait de mon temps SM, ou Sport et Musique), je me demande si Benchicou ne serait pas encore victime d'intox...




« Le Soir d'Algérie » 21 Janvier 2008
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# Online seit Montag, 21. Januar, 2008 um 11:22

Jean Pierre Lledo au Festival du film de Toronto

Jean Pierre Lledo au Festival du film de Toronto

her(e)s ami(e)s journalistes,


En l' absence de journalistes algeriens, permettez moi de vous informer que comme je vous l' avez annonce en Juin dernier, mon film a bien ete selectionne pour la 32eme edition du Festival
de Toronto.
Ce festival auquel je paricipe pour la 1ère fois, est consideré comme le plus important d' Amerique, et un des plus importants au monde. Environ 350 films y sont presentes. Mon film y est présenté 3 fois devant le public et 2 fois pour la presse et les professionnels du marche.

Grace donc au Ministere de la Culture qui a interdit a Alger, Constantine et Oran, les avant premieres du 13, 14, et 15 Juin, Toronto aura eu la primeur de l' avant premiere mondiale.

Depuis cet episode malheureux qui signifie que l' Etat se considere comme la seule source de l' Histoire, mon film a subi quelques modifications. Suite a la demande par huissier d un des 4
personnages principaux de ne plus y figurer avec son fils (3 eme partie constantinoise), notre
long-metrage documentaire a ete diminue de 25 mn, et sa duree est desormais de 2h35...
Initialement : Ne restent dans l' Oued que ses galets, le titre a egalement ete modifie.
Le film a desormais pour titre : Algerie, histoires a ne pas dire.
Ce titre est aussi précédé d un carton ou l 'on peut lire : Chaque pays a ses histoires sombres.
L'Algérie aussi.

Enfin, je tiens egalement à signaler que le Ministere de la Culture n' a toujours pas repondu a ma demande de visa d exploitation faite en Juin dernier. Si cette situation venait a se prolonger, empechant ainsi le public national d avoir acces au film, elle pourrait autoriser à parler d une censure qui n' ose pas dire son nom.

Bien a vous tous.
Jean-pierre Lledo
Toronto le 12 Septembre 07
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# Online seit Freitag, 14. September, 2007 um 03:45

Geändert am Freitag, 14. September, 2007 um 05:06

COMMENT JOINDRE Jean-Pierre LLEDO : lledo.2007@yahoo.fr

ADRESSE e-mail :

lledo.2007@yahoo.fr
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# Online seit Dienstag, 10. Juli, 2007 um 15:43

4 REACTIONS de JOURNALISTES ALGERIENS, après PROJECTIONS PRIVEES

SUITE AUX ANNULATIONS DES 3 AVANT-PREMIERES
à ALGER,CONSTANTINE, ET ORAN, les 13, 14, 15 juin 2007
JEAN-PIERRE LLEDO ORGANISE les 29 et 30 juin 07
3 PROJECTIONS PRIVEES A ALGER
Compte-rendus de 4 journalistes de la presse algérienne...

3 Projections privées du film de JP LLEDO, El Watan, 3 juillet 07


Edition du 3 juillet 2007 > Culture

Documentaire de Lledo
Projections privées
Le réalisateur Jean Pierre Lledo a fini par recourir à des projections privées pour montrer son film documentaire intitulé Ne reste dans l'oued que ses galets.

Trois séances organisées vendredi et samedi, réunissant lors de chaque projection une quarantaine de personnes, ont permis à un public d'invités de découvrir le documentaire qui a déjà fait couler beaucoup d'encre avant que son contenu ne soit connu. Le film d'une durée de trois heures revient avec des témoignages d'Algériens vivant actuellement en Algérie sur des périodes douloureuses de la lutte de Libération nationale en s'attaquant à un tabou jusque-là inviolé : la guerre d'Algérie n'a pas fait des victimes uniquement du côté des colonisés. De nombreux civils d'origine européenne dont des femmes, des enfants et des vieillards sont tombés soit lors d'attentats à la bombe perpétrés dans des lieux publics, soit lors de massacres à grande échelle, comme ce fut le cas lors des événements du 20 août 1955 dans la région de Skikda ou en juillet 1962 dans certains quartiers de la ville d'Oran. Et, fait encore plus regrettable, certains parmi ces derniers vivaient en bonne intelligence avec les musulmans, voire ont soit protégé des musulmans, soit aidé d'une manière ou d'une autre la révolution. Une autre partie du film aborde, mais sans le percer, le mystère de l'assassinat du chanteur constantinois d'origine juive Raymond Leyris qui a été tué d'une balle dans la tête à Constantine en 1961. J. P. Lledo est le premier réalisateur algérien à oser aborder des sujets qui fâchent parce qu'ils évoquent des aspects de la révolution qui sont occultés depuis l'indépendance. Le film, notamment concernant les événements de Skikda d'août 55 et d'Oran le 5 juillet 1962, n'hésite pas à parler, à travers les témoignages, de l'implication des responsables locaux (Zighoud Youcef pour le cas de Skikda) dans le terrible sort fait à la population d'origine européenne. Avant le début de la projection, J. P. Lledo a pris la parole pour faire un rappel du conflit qui l'oppose depuis près de trois semaines aux responsables de la manifestation culturelle Alger, capitale de la culture arabe représentant le ministère dirigé par Mme Khalida Toumi. La projection de samedi a été suivie d'un débat durant lequel le documentaire a été soumis à des critiques parfois assez sévères qui ont porté aussi bien sur le contenu que sur la manière avec laquelle a été mené le film. Ce que l'on peut retenir notamment des réactions de ceux qui ont vu le film, c'est que les autorités n'avaient pas à se substituer au public en recourant à la détestable pratique de la censure.

A. Ancer
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Sur les traces de l'absent, Info Soir, 2-3 juillet 07

Arts et Culture Edition du 2/7/2007


«Ne restent dans l'oued que ses galets»
Sur les traces de l'absent
Par Yacine Idjer




Histoire n Une projection privée du long-métrage de Jean-Pierre Lledo a eu lieu, vendredi, à la maison d'édition Lambda, à Hydra.

Le film, un documentaire long de trois heures, s'ouvre d'emblée sur l'indépendance de l'Algérie. C'est aussi le départ précipité, l'exode massif des pied-noirs. Plus de quarante ans après, le réalisateur, Jean-Pierre Lledo, cherche à comprendre les raisons de cette rupture – une tragédie historique.
«Le film traite de la mémoire», a dit le réalisateur, avant de préciser : «je ne suis pas historien.» Et d'ajouter : «la question de la mémoire m'intéresse», car elle permet de dépister les vérités et, du coup, de comprendre, selon lui, les réalités du présent.
Le réalisateur met en scène trois personnages. Aziz, Katiba et Hamid reviennent sur leur passé. Ils évoquent avec nostalgie les lieux de leur enfance. Ils racontent leurs rapports de bon voisinage avec l'autre, le pied-noir, chrétien ou juif, d'origine française ou espagnole.
Ces trois personnages, à Skikda, à Alger ou à Constantine, vont d'une rencontre à l'autre, d'un témoignage à l'autre. Des personnes rencontrées évoquent les «bons rapports avec les pieds-noirs», et nombreux sont ceux qui, parmi eux, ont soutenu la cause algérienne. Ils se disaient Algériens.
Il se trouve, toutefois, que ces Français, chrétiens ou juifs, eux aussi Algériens, sont absents de la mémoire collective algérienne. D'où la question : pourquoi ?
Quant au quatrième personnage, Kheïredine, un jeune Oranais, il va, lui, à la rencontre de l'ancienne génération, de ces hommes et de ces femmes qui ont vécu en bon voisinage avec les pieds-noirs. Tous disent qu'il existait, malgré le conflit armé, une entente entre musulmans, chrétiens et juifs, entre algériens et européens (espagnols).
«On vivait bien ensemble, on était heureux», dit un témoin. «On a pleuré leur départ», dit un autre. Mais tous s'accordent à dire que «l'OAS a rompu les liens entre algériens et pieds-noirs. «Cela revient à dire que si la France n'avait pas joué l'ultime carte, celle de l'OAS, les pieds-noirs seraient restés en Algérie et seraient devenus algériens», ont-ils dit. L'histoire aurait alors pris une autre tournure et il y aurait eu moins de déchirements. Les témoignages recueillis, çà et là, font état d'une cohabitation entre les trois communautés. Ce n'était certes pas une cohésion sociale, mais une coexistence humaine.
En dépit des inégalités sociales, chacune des communautés a pu transcender les préjugés ethniques, les différences religieuses et les clivages culturels.
Info Soir
Yacine Idjer

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INTERDIT DE DIFFUSION, LLEDO LE PROJETTE QUAND MÊME, L'Expression, 2 juillet 07
INTERDIT DE DIFFUSION, LLEDO LE PROJETTE QUAND MÊME



Et la polémique est lancée...

Malgré le mauvais sort qui lui est jeté, le film Ne restent dans l'oued que ses galets a été finalement projeté en cercle fermé, samedi dernier, à Alger.

En présence de Mohamed Harbi et quelques privilégiés curieux, le film qui fait près de 3 heures, a soulevé autant de questions qu'il a suscité un vif débat au sein du public. Quoi penser? L'auteur de ce film, entamé en 2005, dit d'emblée ne pas avoir voulu recourir aux images d'archives qui peuvent prêter à manipulation. Or, ces dernières n'apparaissent qu'au début. Il s'agit des Français, juifs ou pieds-noirs que Lledo pose, d'emblée, comme des victimes. La caméra suit quatre personnages algériens sur la trace de la «vraie vérité». Mais ce qui compte pour Lledo est non pas l'histoire avec un grand H, mais les histoires...personnelles. Les vérifier, dit-il, par souci de mémoire. Ne restent dans l'oued que ses galets étant la dernière partie qui clôt une sorte de trilogie d'exil, qui a pour unité temporelle, l'Histoire coloniale algéro-française, pour approche, la fraternité et pour sujet principal, la mémoire et l'identité. Jean-Pierre Lledo suit ses quatre alter ego, en quête de leur enfance ou jeunesse durant les années de guerre qui furent aussi les dernières décennies de la colonisation française...Aziz Mouats, à Skikda, se demande pourquoi 23 membres de sa famille furent tués à l'époque, où son oncle, chef d'un groupe, veillait sur les colons voisins...Il est aussi décrit, dans ce portrait, la manière sauvage dont on assassinait les Français, femmes et enfants.
Cela rappelle un peu les actes barbares du terrorisme...Fille de Bab El Oued, Katiba Hocine anime une émission radiophonique sur l'histoire coloniale de l'Algérie et revient sur les lieux de son enfance. Elle est mal accueillie, et confondue avec une gaouria. L'ex-directeur de l'Oref, Hamid Bouhrour, retourne avec son petit-fils à Constantine et soulève la polémique autour de l'assassinat de cheikh Raymond.
Enfin, à Oran, le jeune metteur en scène qui s'apprêtait à adapter Les justes d'Albert Camus, Kheïreddine Lardjam, n'a qu'une idée en tête: confirmer les dires de sa cousine, selon lesquelles au moment des liesses du 5 juillet 1962, à Oran, on a tué des centaines de Français pour se venger.
Des vérités que d'aucuns savent mais que tout le monde nie car n'ayant rien vu ni entendu. Tchtitchi, de son nom de jeune premier de l'époque, est aujourd'hui un vieux sur une chaise roulante. Il se remémore ses souvenirs et pleure le bon vieux temps où il allait danser et chanter avec ses copains espagnols...«a-t-on le droit de tuer n'importe qui, au faciès, c'est la problématique de mon film qui porte essentiellement sur l'autre». Idéaliste et par-dessus tout humaniste, Lledo, cela justifie-t-il le fait de harceler une Louisa Ighil-Ahriz pour savoir pourquoi tuait-on des civils innocents, devant une katiba confuse? Louisa, n'est-elle pas non plus une victime innocente de cette bêtise humaine qu'on appelle «la guerre»? Lledo part du constat qu'il y eut échec de la logique coloniale qui a visé le fossé, selon lui. Aussi, lors du débat, s'agissant des nationalistes, Lledo qualifie leur acte d'ethnocide.
«Le personnage principal est mon alter ego, impliqué personnellement dans l'Histoire évoquée, et donc sachant écouter d'une oreille active, non complaisante, comme un homme qui cherche à comprendre plus qu'à juger, et dont la démarche est plus une quête qu'une enquête...», explique dans le dossier de presse, Lledo. Je considère que l'Algérie s'est fait déposséder d'une richesse extraordinaire: le mélange des origines et des civilisations...et je vis cela comme un drame personnel. La colonisation n'était certes pas la forme idéale pour que s'effectue ce mélange, mais l'idéal n'est pas une catégorie de l'Histoire réelle.
De tout temps et presque partout, le mélange s'est fait par la guerre, la conquête, les migrations de la pauvreté et du désespoir. Les 4 couples du film, d'une certaine manière, transforment l'échec de l'Histoire, en son contraire. Ils démontreront, en tout cas, que l'Histoire aurait pu se faire autrement. Et de renchérir: «J'aimerais que le film fonctionne comme une tragédie shakespearienne. Plus on se rapproche les uns des autres et plus le sang coule et plus le sang coule, plus on se rapproche...»
Cependant, au-delà des idéaux pacifistes incontestés de l'intellectuel Lledo qui «rêve» de paix, de mélange et de fraternité, reste le sentiment de gêne, de culpabilité et d'ambiguïté qui plane sur ce film en étant aussi palpable que le sang sous-entendu.
Et comme toute vérité n'est pas bonne à dire, selon le vieil adage, et d'autant plus vrai pour les «officiels», il ne serait pas étonnant que Ne restent dans l'oued que ses galets soit, effectivement, cette fois, censuré. Or, toutes les guerres sont sales par essence! D'où la volonté du réalisateur d'inscrire ce film dans l'universel et sortir de la dimension algéro-algérienne, ou algéro-française...Mais 43 ans après l'indépendance, sommes-nous prêts réellement à tout entendre? La réponse serait-elle seulement dans le camp de «Alger, capitale de la culture arabe?». Et l'avis des autres Algériens alors? *
L' Expression
O. Hind
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Lledo accuse les dirigeants de la révolution d'exterminer les civils européens.Ech Chourouq,1-7-07

Ceci est une traduction littérale d'un article d'un quotidien arabophone à grand tirage, Ech Chourouk, connu pour cultiver le sensationnel, et amalgamer antisionisme et antisémitisme.
Cet article est un tissu de mensonges, du début à la fin.
Je l'ai dit à cette journaliste, Zahia Mancer, lors de la conférence de prese que j'ai tenue devant plus d'une dizaine de journalistes, à Alger le 3 Juillet 07.
La « Villa » d'Hydra est une jeune Maison d'édition qui nous a courageusement accueilli pour 3 projections non « secrètes » mais « privées » où notamment tous les journaux sans exception étaient invités.
Public : il y avait peut être des spectateurs affiliés à des partis, mais ce sont des individus qui étaient invités. Quant aux « Pieds-noirs », il y en avait 2 : la s½ur d'Henri Maillot, communiste, tué dans les maquis par l'armée française en 1956, et un compagnon de Fernand Yveton, communiste, guillotiné en1957 à Alger. Mais la journaliste a reconnu ignorer l'identité de ces 2 partisans de l'indépendance algérienne.
Contenu du film : personne ne parle d'Amirouche dans le film !!! (pour Skikda Aout 55, c'est Zighout Youcef, responsable de l'opération qui est cité)
Pour le reste, la journaliste est libre de ses opinions, bien que peu étayées, et pour Toronto, chacun aura rectifié. Jean-Pierre Lledo
...............................................................


L'ARTICLE d'Ech CHOUROUQ, 01/07/2007 :
"Jean-Pierre lledo blanchit l'image du colonialisme et accuse les dirigeants de la révolution d'exterminer les civils européens.
Le film de Jean-Pierre Lledo « Ne restent dans l'oued que ses galets » a été projeté avant-hier dans une villa à Hydra, d'une façon presque secrète en la présence d'un nombre de médias et un groupe très choisi de Pieds-noirs en Algérie et quelques personnes comptées sur le parti MDS en plus de Monseigneur Teissier.
Le film documentaire a duré 3H. Lledo repose a travers ce film le problème de la relation entre les civils européens, juifs, chrétiens, d'un côté et les musulmans d'un autre côté et cela à travers des souvenirs de quatre Algériens musulmans à Alger, Oran, Constantine et Skikda.
Le côté technique du film est plus qu'une merveille, concernant l'effort sur la qualité du son et de l'image et de la musique qui correspondait aux critères du film documentaire, bien que quelques présents ont critiqué la longueur du film : 3H entières pour un film documentaire.
Du côté du contenu, Jean-Pierre Lledo n'était non seulement imprudent, mais il est allé jusqu'au responsabiliser la révolution et ses dirigeants qu'il a accusé de donner des ordres pour exterminer les civils européens et de poser des bombes dans les lieux publics où il y avait une majorité européenne, le film décrit la relation entre les Juifs et les Chrétiens et les musulmans de normale et belle, et la fraternité et le respect régnait au point où quelque colons abritaient des familles algériennes, mais la révolution à changé ces choses et a installé la haine entre les deux côtés à un point où on ne comprenait pas pourquoi la révolution s'est déclenchée et le peuple l'a adoptée si les Européens et les Algériens étaient sur ce haut niveau de fraternité.
Ce qui est dans le film peut être décrit comme dangereux car il dit que les Européens qui ont quitté l'Algérie n'allaient pas l'a quitter s'ils n'avaient pas été exposés à la tuerie des mains des Algériens et avec l'approbation des dirigeants. L'un de ceux qui parlaient dans le film à évoqué que Amirouche a donné son accord pour exterminer les civils européens : le 20 Aout 1955 à Skikda.
Le dangereux dans le travail est que Lledo prétend que les exterminations qui ont été pratiquées en Algérie contre les Chrétiens et les Juifs et n'ont pas fait exception pour les enfants et les femmes, étaient égorgés sur les paroles de « Allahou Akbar pour le djihad pour Dieu ».
Le réalisateur a voulu mettre un sens à l'appel à la prière ou la citation du Coran chaque fois qu'il s'agit de parler de tueries pratiquées contre les Européens ce qui peut donner l'idée que les pratiques contre les Européens avaient une légitimité de croyance et religieuse.
De plus la majorité des personnes qui parlaient dans le film racontaient les histoires comme ils les avaient entendues des autres.
Ces témoignages font croire que les témoins de ces histoires sont des personnes minutieusement choisis peut être parce que le travail a voulu innocenter la présence des Français en Algérie surtout lorsqu'on parlait des côtés positives de la colonisation et les événements des régions à Paris.
Jean-Pierre Lledo a essayé de défendre son travail en disant que c'est un travail audacieux qui repose quelques affaires concernant la présence des Français en Algérie et il faut avoir le courage de poser toutes les affaires aux débats même si elles blessent.
Lledo s'interroge au cours de sa discussion sur les raisons qui ont poussé le Ministère de la culture à annuler la projection à la salle d'Ibn Zeïdoun.
Lledo a dit qu'il a présenté une copie du film à la commission, et sa volonté de sortir officiellement le film dans les salles de cinéma après les vacances et qu'il va participer dans plusieurs festivals comme le Festival de Toronto en Italie."
Zahia Mancer.
Ech Chourouq



# Online seit Dienstag, 10. Juli, 2007 um 07:10

Geändert am Dienstag, 10. Juli, 2007 um 07:48

Lledo accuse les dirigeants de la révolution d'exterminer les civils européens.Ech Chourouq,1-7-07

Lledo accuse les dirigeants de la révolution d’exterminer les civils européens.Ech Chourouq,1-7-07
Ceci est une traduction littérale d'un article d'un quotidien arabophone à grand tirage, Ech Chourouk, connu pour cultiver le sensationnel, et amalgamer antisionisme et antisémitisme.
Cet article est un tissu de mensonges, du début à la fin.
Je l'ai dit à cette journaliste, Zahia Mancer, lors de la conférence de prese que j'ai tenue devant plus d'une dizaine de journalistes, à Alger le 3 Juillet 07.
La « Villa » d'Hydra est une jeune Maison d'édition qui nous a courageusement accueilli pour 3 projections non « secrètes » mais « privées » où notamment tous les journaux sans exception étaient invités.
Public : il y avait peut être des spectateurs affiliés à des partis, mais ce sont des individus qui étaient invités. Quant aux « Pieds-noirs », il y en avait 2 : la s½ur d'Henri Maillot, communiste, tué dans les maquis par l'armée française en 1956, et un compagnon de Fernand Yveton, communiste, guillotiné en1957 à Alger. Mais la journaliste a reconnu ignorer l'identité de ces 2 partisans de l'indépendance algérienne.
Contenu du film : personne ne parle d'Amirouche dans le film !!! (pour Skikda Aout 55, c'est Zighout Youcef, responsable de l'opération qui est cité)
Pour le reste, la journaliste est libre de ses opinions, bien que peu étayées, et pour Toronto, chacun aura rectifié. Jean-Pierre Lledo
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L'ARTICLE d'Ech CHOUROUQ, 01/07/2007 :
"Jean-Pierre lledo blanchit l'image du colonialisme et accuse les dirigeants de la révolution d'exterminer les civils européens.
Le film de Jean-Pierre Lledo « Ne restent dans l'oued que ses galets » a été projeté avant-hier dans une villa à Hydra, d'une façon presque secrète en la présence d'un nombre de médias et un groupe très choisi de Pieds-noirs en Algérie et quelques personnes comptées sur le parti MDS en plus de Monseigneur Teissier.
Le film documentaire a duré 3H. Lledo repose a travers ce film le problème de la relation entre les civils européens, juifs, chrétiens, d'un côté et les musulmans d'un autre côté et cela à travers des souvenirs de quatre Algériens musulmans à Alger, Oran, Constantine et Skikda.
Le côté technique du film est plus qu'une merveille, concernant l'effort sur la qualité du son et de l'image et de la musique qui correspondait aux critères du film documentaire, bien que quelques présents ont critiqué la longueur du film : 3H entières pour un film documentaire.
Du côté du contenu, Jean-Pierre Lledo n'était non seulement imprudent, mais il est allé jusqu'au responsabiliser la révolution et ses dirigeants qu'il a accusé de donner des ordres pour exterminer les civils européens et de poser des bombes dans les lieux publics où il y avait une majorité européenne, le film décrit la relation entre les Juifs et les Chrétiens et les musulmans de normale et belle, et la fraternité et le respect régnait au point où quelque colons abritaient des familles algériennes, mais la révolution à changé ces choses et a installé la haine entre les deux côtés à un point où on ne comprenait pas pourquoi la révolution s'est déclenchée et le peuple l'a adoptée si les Européens et les Algériens étaient sur ce haut niveau de fraternité.
Ce qui est dans le film peut être décrit comme dangereux car il dit que les Européens qui ont quitté l'Algérie n'allaient pas l'a quitter s'ils n'avaient pas été exposés à la tuerie des mains des Algériens et avec l'approbation des dirigeants. L'un de ceux qui parlaient dans le film à évoqué que Amirouche a donné son accord pour exterminer les civils européens : le 20 Aout 1955 à Skikda.
Le dangereux dans le travail est que Lledo prétend que les exterminations qui ont été pratiquées en Algérie contre les Chrétiens et les Juifs et n'ont pas fait exception pour les enfants et les femmes, étaient égorgés sur les paroles de « Allahou Akbar pour le djihad pour Dieu ».
Le réalisateur a voulu mettre un sens à l'appel à la prière ou la citation du Coran chaque fois qu'il s'agit de parler de tueries pratiquées contre les Européens ce qui peut donner l'idée que les pratiques contre les Européens avaient une légitimité de croyance et religieuse.
De plus la majorité des personnes qui parlaient dans le film racontaient les histoires comme ils les avaient entendues des autres.
Ces témoignages font croire que les témoins de ces histoires sont des personnes minutieusement choisis peut être parce que le travail a voulu innocenter la présence des Français en Algérie surtout lorsqu'on parlait des côtés positives de la colonisation et les événements des régions à Paris.
Jean-Pierre Lledo a essayé de défendre son travail en disant que c'est un travail audacieux qui repose quelques affaires concernant la présence des Français en Algérie et il faut avoir le courage de poser toutes les affaires aux débats même si elles blessent.
Lledo s'interroge au cours de sa discussion sur les raisons qui ont poussé le Ministère de la culture à annuler la projection à la salle d'Ibn Zeïdoun.
Lledo a dit qu'il a présenté une copie du film à la commission, et sa volonté de sortir officiellement le film dans les salles de cinéma après les vacances et qu'il va participer dans plusieurs festivals comme le Festival de Toronto en Italie."
Zahia Mancer.
Ech Chourouq
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Geändert am Dienstag, 10. Juli, 2007 um 06:46